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Les positions se précisent pour l’ouverture de la conférence de Copenhague

Au cœur des débats, se trouve l’objectif de limiter à 2°C la hausse des températures, d’ici 2100 par rapport à 1750, en stabilisant la concentration des six GES contrôlés par le protocole de Kyoto à 450 ppm éqCO2. Pour cela, une division par deux des émissions mondiales, d’ici 2050 par rapport à 1990, est nécessaire, soit un objectif à 20 GtéqCO2 en 2050. Ce point est, selon Reuters, la base du projet proposé par le Danemark qui préside la conférence. Pour cela, le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) propose que les pays développés de l’Annexe 1 réduisent de 80 à 95% leurs émissions d’ici 2050.

Les pays émergents hésitent

En 1990, les émissions des pays de l’Annexe 1 étaient de 17,5 Gt, ce qui, selon leur niveau de réduction, laisserait un budget carbone de 16,2 à 18,8 Gt aux pays hors Annexe 1 en 2050. Pour les pays émergents, dont la Chine qui émet environ 7 Gt par an, adopter cet objectif soulève la question des réductions qu’ils consentiraient à terme, ce qui remet implicitement en cause le protocole de Kyoto basé sur l’effort des pays de l’Annexe 1.

Par ailleurs, les pays doivent afficher des objectifs intermédiaires compatibles avec l’objectif de 2050. Le GIEC propose que les pays de l’Annexe 1 réduisent de 25 à 40% leurs émissions de GES d’ici 2020 et que les pays émergents s’engagent vers une ”déviation substantielle” de 15 à 30% par rapport au scénario de référence. En juillet, selon une étude du Potsdam Institute, les propositions des pays de l’Annexe 1 correspondaient à une baisse de 10 à 16% et celles des pays en développement à un abattement de 4%. Cependant l’étude n’inclut pas les dernières propositions, à l’image du Japon qui a relevé en septembre son objectif de réduction de 8 à 25%.

Alliances et sujets clés

Au-delà de ces annonces, des alliances se nouent. Première en date, celle de la France et du Brésil scellée le 14 novembre autour du Plan Justice Climat français. Le texte, visant à démontrer qu’un terrain d’entente est possible entre pays développés et pays émergents, propose un financement issu d’une taxe sur les transactions financières et destiné aux pays les plus vulnérables, mais il n’évoque pas la forme juridique du futur accord. Cette alliance n’a pas empêché le Brésil de se rallier le 28 novembre à une proposition de la Chine, de l’Inde et de l’Afrique du Sud. Celle-ci insiste sur le prolongement du protocole de Kyoto et sur le refus de la vérification des engagements des signataires sans contrepartie financière.
Par ailleurs, l’aide financière et la lutte contre la déforestation (REDD) sont les deux thèmes qui pourraient faire progresser la négociation. S’agissant du financement, un sujet crucial pour l’Afrique et les petits Etats insulaires, les pays développés soutiendraient les pays en développement afin qu’ils atténuent leurs émissions et s’adaptent aux effets du dérèglement climatique. En l’occurrence il s’agit de trouver une clé de répartition des contributions et des allocations de fonds en tenant compte du PIB et des émissions de GES. Le sujet a peu avancé jusque là, mais un accord est improbable à Copenhague sans progrès sur le sujet.
Quant à la déforestation qui représente 20% des émissions mondiales, un accord serait proche car, à environs 10 $ par tonne de CO2 évitée, la lutte est peu onéreuse. Ainsi, début 2009, a été lancé le programme UN-REDD qui lie la contribution financière de l’Espagne, du Danemark et de la Norvège à des projets pilotes dans neuf pays. Si en l’état le programme est modeste, il constitue néanmoins une base sérieuse depuis que le Brésil a accepté fin octobre de l’inclure dans les discutions de Copenhague. Cependant la REDD est la principale carte du Brésil et il refuse que soit signé un accord REDD en dehors de l’accord global. Il a ainsi proposé le 13 novembre de réduire de 80% la déforestation et d’atténuer ainsi de 36 à 39% ses émissions, un engagement facilité par une aide potentielle 16 milliards de dollars par an via UN-REDD selon l’Association brésilienne du marché du carbone.

Finalement, de nombreux observateurs envisagent la signature d’un accord politique qui serait mis en forme en 2010. Une situation similaire au protocole de Kyoto dont les détails n’ont été finalisés qu’avec les accords de Marrakech quatre ans après. Reste à savoir si Copenhague sera aussi contraignant que Kyoto.

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