Actualités

Actualités

Vers une exploitation des réacteurs nucléaires au delà de 40 ans ?

Alors que le parc nucléaire français est entré dans sa troisième décennie d’exploitation, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a émis, le 1er juillet dernier, une autorisation de principe à l’exploitation des réacteurs de 900 mégawatts jusqu’à 40 ans. L’ASN justifie ce choix en indiquant ne pas avoir identifié de problème générique mettant en cause la capacité d’EDF à maîtriser la sûreté de ses réacteurs de 900 MWe jusqu’à 40 ans.
Néanmoins, cet avis devra être conforté au cas par cas. Chaque réacteur devra avoir passé avec succès sa troisième visite décennale avant d’obtenir l’autorisation de poursuivre l’exploitation. Ces visites de contrôles lors des 30 ans des réacteurs devraient être réalisées entre 2010 et 2020. Le premier à passer l’examen est le réacteur 1 de Tricastin, dont la troisième visite décennale a débuté en mai. L’ASN devrait rendre son verdict en 2010 concernant la prolongation ou non de son exploitation jusqu’à 40 ans.

Un parc vieillissant soumis à un contrôle décennal

Cette position de l’ASN intervient alors que le parc nucléaire français vieillit. Les trois quart des réacteurs ont été construits entre 1979 et 1990. Les 34 plus anciens, ceux de 900 MWe, ont en moyenne 27 ans.
La France n’a pas fixé d’âge limite d’exploitation pour son parc nucléaire. La réglementation impose à l’exploitant un réexamen de sûreté tous les 10 ans, qui validera ou non la prolongation de son exploitation. En théorie, à tout moment, l’ASN a donc le pouvoir de faire stopper une installation en cas de risques graves et imminents.
Tous les dix ans, les sites nucléaires font l’objet d’un réexamen de sûreté. Le réacteur est alors arrêté pendant trois ou quatre mois afin d’être rechargé et que les équipements soient soumis à des contrôles (épreuve hydraulique du circuit primaire principal, test d’étanchéité de l’enceinte de confinement…). Le vieillissement des installations est suivi de près. Obsolescence des matériels, dégradation des matériaux, écarts de conformité… font l’objet d’une vigilance vive, tout comme le maintien de la compétence des professionnels.

Prolongation de l’exploitation : une tendance mondiale

Un grand nombre de nos homologues a pris position pour une prolongation de l’exploitation au-delà même de quarante ans. Les Américains, par exemple, ont largement dépassé ce cap, explique Guillaume Wack, directeur des centrales à l’ASN.
Sur 104 réacteurs en exploitation, les Etats-Unis ont renouvelé pour 20 ans 54 licences initialement fixées à 40 ans. En Espagne, le gouvernement a entériné la semaine dernière la demande de poursuite d’exploitation au-delà de 40 ans de la centrale de Santa Maria de Garona.
C’est au tour de l’ASN d’emprunter cette voie. Après avoir pris en compte les conclusions des réexamens précédents, les avancées en recherche et développement, le retour d’expérience français et international et les objectifs et exigences les plus récents en matière de sûreté nucléaire, l’ASN indique n’avoir pas identifié dans les études génériques d’éléments mettant en cause la capacité d’EDF à maîtriser la sûreté des réacteurs de 900 MWe jusqu’à 40 ans après leur première divergence. Cependant, sur la base de cette appréciation générique, l’ASN se prononcera ultérieurement sur l’aptitude individuelle de chaque réacteur à la poursuite d’exploitation, en s’appuyant notamment sur l’évaluation du rapport de réexamen de ce réacteur et sur les résultats des contrôles effectués lors de sa troisième visite décennale.
Le président de l’ASN André-Claude Lacoste assure que l’autorité prend comme référence en terme de sûreté les réacteurs les plus récents.

Pour plus d’informations, allez sur Actu’Environnement.com

Demande d'informations ou demande de devis

Sur le même sujet :

  1. Les tarifs de l’électricité vont augmenter de 3% à 5,5%
  2. Des chauffe-eau solaires bientôt obligatoires
  3. Les énergies renouvelables, source de croissance et d’emplois
  4. La semaine du développement durable